À la rencontre de Grégory CUILLERON !
À la rencontre de Grégory CUILLERON !
 
 
À l'occasion de sa venue à L'École de Cuisine Gourmets le 30 septembre prochain, nous vous invitons à découvrir le portrait de Grégory CUILLERON, Chef engagé et passioné par le partage de la cuisine. À travers cette interview, il revient sur son parcours, sa vision de la gastronomie et son plaisir de transmettre son savoir-faire aux amateurs comme aux passionnés. 
 
 
Pouvez-vous nous raconter votre parcours et les grandes étapes de votre vie qui vous ont mené jusqu’à aujourd’hui ?
 
 
Je suis né à Lyon, sans avant-bras gauche — une agénésie de naissance. Enfant, je rêvais de médecine militaire, mais mon handicap m’a fermé cette porte. Je me suis alors tourné vers le droit, puis vers un BTS action commerciale, avant de travailler quelques années dans la communication. Et puis il y a eu ce stage dans un grand restaurant lyonnais, presque par hasard, qui a tout changé. J’ai découvert que la cuisine, cette activité que tout le monde jugeait impossible avec un seul bras, était en réalité ma vocation. En 2008, j’ai gagné « Un dîner presque parfait », puis en 2009 la finale nationale du Combat des régions sous le parrainage de Georges Blanc. Ça m’a valu une wild card pour la première saison de Top Chef en 2010, où j’ai terminé septième. Cette aventure m’a définitivement donné envie de raccrocher mon costume de communicant pour enfiler le tablier de Chef. Depuis, j’ai eu la chance d’animer plusieurs émissions (MIAM avec Cyril Lignac, La Tournée des Popotes sur France 5, Chez Rémy sur Disney Channel), d’écrire plusieurs livres, d’ouvrir mes deux restaurants lyonnais — Cinq Mains dans le Vieux-Lyon et Le Fer à Cheval aux Halles Paul Bocuse — et de devenir conférencier. Un parcours qui n’a jamais suivi une ligne droite, mais qui m’a toujours ramené à la même passion : donner du plaisir à travers l’assiette.
 
 
Quelles sont aujourd’hui vos principales sources d’inspiration et qu’est-ce qui continue de vous faire aimer ce métier ?
 
 
Ce qui me nourrit, c’est le contact : avec les producteurs, avec les marchés lyonnais, avec les gens qui viennent s’asseoir à ma table ou suivre un cours. Je m’inspire beaucoup des produits de saison et du terroir lyonnais, mais aussi de mes voyages et des cuisines populaires du monde entier — la vraie créativité vient souvent de la simplicité. Et puis il y a cette énergie de transmettre, de voir un participant réussir un geste qu’il pensait hors de portée : c’est exactement ce qui me fait aimer ce métier depuis quinze ans, sans lassitude.
 
 
Comment naît une recette chez vous ? Quel est votre processus de création, de l’idée jusqu’à l’assiette ?
 
 
Tout part presque toujours du produit, jamais du concept. Un légume de saison, un morceau chez mon boucher, un souvenir de voyage : c’est ça qui déclenche l’envie. Ensuite je laisse infuser, je pense à la texture, au contraste, à ce qui va surprendre sans dérouter. Ma cuisine se veut généreuse, créative et décomplexée — je n’aime pas la sophistication gratuite. Puis vient le test en cuisine, les ajustements, et souvent un dernier regard extérieur (mon équipe, mes proches) pour valider que le plat parle à tout le monde, pas seulement à moi.
 
 
Pour vous, qu’est-ce que Lyon a de si spécial en matière de gastronomie ?
 
 
Lyon, c’est une ville où la gastronomie fait partie de l’identité collective, pas juste de la carte des restaurants. On y a les Halles Paul Bocuse, les bouchons, un rapport très direct au produit — la volaille de Bresse, les quenelles, la charcuterie, les vins du Beaujolais et de la vallée du Rhône à deux pas. C’est une cuisine généreuse, sans chichi, mais d’une exigence folle sur la qualité.
 
 
Qu’est-ce qui vous a donné envie de rejoindre l’École de Cuisine Gourmets pour partager votre savoir-faire ?
 
 
J’ai toujours considéré la transmission comme une part essentielle de mon métier, presque autant que la cuisine elle-même. L’École de Cuisine Gourmets, avec l’exigence de l’Institut Lyfe derrière elle, offrait exactement le cadre qu’il me fallait : un lieu où amateurs passionnés, groupes ou entreprises peuvent venir mettre la main à la pâte dans un esprit convivial, sans posture. C’est une continuité naturelle avec ce que je fais depuis toujours dans mes activités : rendre la cuisine accessible
 
 
Lors de votre prochain cours chez nous, vous avez sélectionné plusieurs recettes pour les participants. Pourquoi avoir choisi celles-ci en particulier ?
 
 
Il s'agit là d’un mélange entre passion et histoires personnelles. Ces recettes sont inspirées, entre autres par des voyages, des rencontres.
J’ai choisi des recettes qui parlent à la fois du terroir et de techniques utiles au quotidien, pour que chacun reparte avec de vrais outils, pas juste un souvenir. L’idée est de proposer un menu « de fête » de saison mais avec une majorité de produits que l'on retrouvera jusqu’au début de l’hiver.
 
 
Au-delà des techniques culinaires, qu’est-ce que vous souhaitez transmettre durant votre cours ?
 
 
Avant tout, la confiance. Beaucoup de gens arrivent persuadés qu’ils « ne savent pas cuisiner » ou qu’ils vont rater leur plat — je le sais bien, on m’a longtemps dit que je ne pourrais pas cuisiner du tout avec un seul bras. Ce que j’aime transmettre, c’est cette idée qu’avec de la méthode, de la patience et de la passion, on peut toujours trouver sa propre façon de faire. La cuisine doit rester un plaisir partagé, pas une performance : je veux que les participants repartent avec l’envie de recommencer chez eux, pour leurs proches.
 
 
Vous êtes également très engagé pour une meilleure inclusion des personnes en situation de handicap. En quoi cet engagement est-il important pour vous ?
 
 
C’est un engagement qui part directement de mon histoire. Ambassadeur de l’AGEFIPH pendant plus de huit ans, j’ai voulu montrer qu’un handicap n’est pas une limite qu’on subit, mais une contrainte avec laquelle on peut construire — parfois même une force. Suite à Top Chef, j’ai eu beaucoup de retours de personnes en situation de handicap, et j’ai tout de suite senti la responsabilité que ça représentait même si je ne me sentais, au départ, investi d’aucune mission: essayer de changer le regard, sans misérabilisme ni mise en scène de la difficulté. Aujourd’hui, à travers mes conférences et mes engagements, je veux surtout donner à voir des parcours possibles, en entreprise comme en cuisine, et rappeler que l’inclusion est une question de moyens et de regard, pas de charité.
 
 
Quels sont vos projets ou envies pour les mois à venir ?
 
 
Je continue de faire vivre avec mes deux associés Le Fer à Cheval, aux Halles de Lyon. Je développe aussi mes interventions en entreprise — conférences, ateliers de team building culinaire, sensibilisation à l’inclusion — pour porter mon expérience au-delà des cuisines. Je suis en train de chercher un atelier qui me fasse office de laboratoire pour des prestations de cuisine chez des particuliers mais également qui me serve de table d’hôte, pour continuer à transmettre ma passion au plus grand nombre. Enfin, je prépare les championnats du monde de cuisine WorldSkills qui se tiendront à Helsinki en mai 2027 et où j’ai l’honneur de représenter la France. À cet effet, je lève des fonds pour pouvoir me consacrer à l'entraînement à partir de janvier 2027.
 
 
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